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Espaces naturels

Les habitats naturels en France métropolitaine

Contrairement aux espèces de flore et de faune, la connaissance et la description des nombreux habitats naturels présents en France sont récentes. Elles n’ont en effet réellement émergé qu’à la fin des années quatre-vingt avec la mise en œuvre du programme européen CORINE biotope (CORINE pour COoRdination de l’INformation sur l’Environnement), qui aboutit en 1991 à la proposition d’une typologie arborescente à six niveaux maximum. Cette dernière a été réalisée à l’échelle communautaire et s’appuie sur la description de la végétation (formes et composition spécifique).
      
Le premier niveau de la typologie CORINE biotope caractérise les grands paysages naturels :   

1. Habitats littoraux et halophiles
2. Milieux aquatiques non marins
3. Landes, fruticées et prairies
4. Forêts
5. Tourbières et marais
6. Rochers continentaux, éboulis et sables
8. Terres agricoles et paysages artificiels

      
La typologie CORINE biotope est utilisée dans la grande majorité des études, inventaires et publications concernant les milieux naturels. Des correspondances avec la description des habitats d’intérêt communautaire listés à l’annexe 1 de la directive "Habitats" (directive européenne 92/43), avec l’occupation du sol dans CORINE Land Cover ou avec les groupements végétaux (phytosociologie) ont été réalisées. Elle sert enfin de base, avec une meilleure définition des critères, à la future typologie européenne EUNIS (European Union Nature Information System).

La métropole recoupe quatre des neufs domaines biogéographiques présents au sein de l’Union européenne à 25 (atlantique, continental, méditerranéen et alpin). Plus précisément, on distingue deux domaines pour chacun des domaines atlantique et continental : l’un terrestre, l’autre marin. Du fait de ce contexte biogéographique particulièrement favorable, la diversité des habitats en France est très importante et nécessite la plus grande attention. La France abrite 132 habitats (61 %) parmi les 216 types d’habitats d’intérêt communautaire présents sur le territoire de l’Union européenne à 25, c’est-à-dire les habitats qui y sont rares ou en danger de disparition.

Les habitats d'intérêt communautaire en France...

En nombre

Les habitats d'intérêt communautaire en France...

...et en Europe

Les habitats d'intérêt communautaire en Europe

Note : * Les types d'habitats prioritaires sont les habitats d'intérêt communautaire en danger de disparition et dont l'aire de répartition naturelle a une part importante dans le territoire de l'Union européenne.

Source : SOeS, d'après http://biodiversity.eionet.europa.eu/article17 et l'Annexe 1 modifiée de la directive "Habitats" (directive 2006/105/CE : JO L 363 du 20.12.2006).

La directive "Habitats" (92/43/CEE) qui liste ces types d’habitats d’intérêt communautaire prévoie que les États membres réalisent tous les six ans des bilans nationaux de sa mise en œuvre, notamment en évaluant l’état de conservation de ces habitats. La première évaluation des habitats naturels ou semi-naturels d’intérêt communautaire présents en France porte sur la période 2001-2006 et constitue un « état des lieux », base de comparaison pour la prochaine évaluation (période 2007-2012). Quatre catégories ont été créées pour indiquer l’état de conservation d’un habitat : favorable, défavorable inadéquat, défavorable mauvais et inconnu (données insuffisantes). L’évaluation tient compte de plusieurs paramètres : aire de répartition, surface occupée par chaque habitat, caractéristiques structurelles et fonctionnelles de l’habitat et perspectives futures de maintien de celui-ci. Par application du principe de précaution, il suffit qu’un seul paramètre soit mauvais pour que l’état de conservation global d’un habitat soit déterminé comme mauvais. Les habitats sont évalués séparément dans chacun des domaines biogéographiques où ils sont présents.

6 % des habitats présents en France sont dans un état de conservation inconnu. Globalement, 18 % des 304 évaluations concluent à un état favorable contre 35 % à un état inadéquat et 41 % à un état mauvais.

Dans le détail, le domaine biogéographique alpin est celui où les habitats se portent le mieux avec 30 % des habitats dans un état favorable, tandis que les domaines atlantique et continental sont les plus affectés avec environ la moitié de leurs habitats dans un état de conservation mauvais. Moins de 3 % des habitats du domaine atlantique sont classés dans un état favorable. La végétation des systèmes rocheux (éboulis, falaises) et les fourrés sclérophylles sont les catégories d’habitats les mieux conservées avec plus de 60 % évalués dans un état favorable. Les habitats côtiers et marins, les dunes ainsi que les tourbières et bas-marais sont les plus touchés avec aucun habitat classé favorable et respectivement 47 %, 59 % et 67 % d’habitats évalués dans un mauvais état de conservation, du fait d’une aire de répartition en régression et/ou d’une diminution des surfaces et/ou d’une dégradation de leur bon fonctionnement. Les pelouses et prairies se trouvent, quant à elles, dans un état inadéquat à mauvais en domaines continental et atlantique (situation plus contrastée en domaines méditerranéen et alpin), notamment du fait des réductions de leur surface.

État de conservation des habitats d’intérêt communautaire en France par domaine biogéographique

Etat de conservation des habitats d’intérêt communautaire en France par domaine biogéographique

Source : MNHN, SPN, 2009.
Traitements : MNHN – SOeS

État de conservation des habitats d’intérêt communautaire en France par catégorie d'habitats

tat de conservation des habitats d’intérêt communautaire en France par catégorie d'habitats

Source : MNHN, SPN, 2009.
Traitements : MNHN – SOeS

Voir aussi...

  • www.espaces-naturels.fr/natura_2000 (Atelier technique des espaces naturels)
    Rubrique "Outils et méthodes" > "CORINE biotope" : accès en ligne à la base CORINE biotope, présentation détaillée des habitats d’intérêt communautaire.