Agriculture et environnement

L'agriculture biologique

Dernière mise à jour : juin 2006

L’agriculture biologique voit le jour en France dans les années cinquante, pour tracer une voie se démarquant de l’intensification de l’agriculture conventionnelle. La loi d’orientation agricole de juillet 1980 reconnaît pour la première fois l’existence de ce mode de production "sans produits chimiques de synthèse".

Au niveau européen, les règlements (CEE) n° 2092/91 du 24 juin 1991 et (CE) n° 1804/99 du 19 juillet 1999 définissent les règles du mode de production biologique et du contrôle des produits, le premier pour les végétaux et le second pour les produits animaux. Les organismes génétiquement modifiés (OGM) et produits dérivés sont exclus des modes de production biologique.

Fin 2004, les surfaces en production biologique (déjà certifiées ou en conversion) s’élèvent à 535 000 hectares, soit 1,9 % de la surface agricole utilisée (SAU) française. Ce mode de production touche environ 11 000 exploitations, ce qui correspond à la moitié des 25 000 exploitations et 1 million d’hectares visé par le plan pluriannuel de développement de l’agriculture biologique, présenté en décembre 1997 par le ministre en charge de l’Agriculture. La loi d’orientation agricole du 5 janvier 2005 prévoit un crédit d’impôt pour les années 2005 à 2007, en vue de soutenir les exploitations certifiées en agriculture biologique. En 2004, ces surfaces sont consacrées aux pâturages et fourrages pour 63 %, aux céréales et oléo-protéagineux pour 23 %, aux fruits, légumes et vignes pour 6 %.

Évolution du nombre d'exploitations en mode de production biologique

en nombre d'exploitations

Évolution du nombre d'exploitations en mode de production biologique
Source : Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique.

Évolution de la surface cultivée en mode de production biologique

en milliers d'hectares

Évolution de la surface cultivée en mode de production biologique
Source : Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique.

Les régions du Sud-Est méditerranéen, de l’Est frontalier et du grand Ouest sont celles où l’agriculture biologique est la plus développée, soit en pourcentage de la SAU, soit en nombre d’exploitations. L’implantation de ce mode d’exploitation est faible dans les zones de grandes cultures intensives du Bassin parisien.

Le mode de production biologique présente a priori des avantages dans les sites sensibles du point de vue de la qualité des eaux. Toutefois, les études scientifiques concernant les avantages et inconvénients des modes de production biologique d’un point de vue environnemental restent rares. Une étude réalisée en région Aquitaine en 1998 montre que l’agriculture biologique a presque systématiquement un impact plus favorable sur l’environnement que la plupart des exploitations conventionnelles, mais que certaines pratiques peuvent conduire à des pollutions (contamination des sols par une utilisation trop intensive du cuivre comme fongicide dans certaines exploitations viticoles, quelques très rares cas signalés de surcharge localisée de nitrates dans des exploitations avicoles ou maraîchères).

En 2003, l’Agence Bio (Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique) a mis en place un baromètre de la perception et de la consommation des produits biologiques en France. L'achat des produits "bio" est motivé principalement par le souci de s'alimenter avec des produits sains et naturels. En outre, 85 % des consommateurs de produits biologiques indiquent que la préservation de l’environnement est aussi un motif de leur choix. Les achats et la consommation de produits biologiques ont augmenté significativement en un an : 42 % des personnes interrogées ont acheté des produits biologiques dans les quatre semaines précédant l’enquête réalisée en 2004, contre 33 % en 2003. Toutefois, le prix de certains produits peut être un obstacle à leur développement. Par exemple, près de la moitié du lait biologique produit en 2004 a été déclassé, c'est-à-dire vendu au prix du lait conventionnel, soit 40 % moins cher. Ceci explique sans doute en partie le léger recul des surfaces en agriculture biologique entre 2003 et 2004.

L'agriculture biologique en 2004

L'agriculture biologique en 2004
Source : Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique.

Voir aussi...

  • www.agencebio.org (Agence française pour le développement et la promotion de l’agriculture biologique)